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Projet Pure Salmon : compte-rendu de la réunion du 9 septembre 2023

Publié le: 15 septembre 2023

Catégorie: Divers, Pure salmon

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Nous avons pris connaissance du projet Pure Salmon en janvier 2022 et depuis cette date nous travaillons sur ce dossier pour pouvoir avancer vers un positionnement argumenté et réaliste.
Estuaire pour Tous a pris le parti de se renseigner, d’essayer de faire le point sur ce dossier avant de donner son avis.

Nous avons bien compris que d’autres assos n’ont pas choisi cette voie et nous regrettons que le travail de recherche n’ait pas pu être mis en commun.
Nous avons accepté des échanges avec le porteur de projet pour avoir des informations au fur et à mesure de son avancée. Nous avons engagé des experts indépendants pour une meilleure analyse des études en cours.
Nous avons eu une réunion le 9 septembre Pure Salmon, le GPMB et des représentants de notre conseil d’administration.
Comme d’habitude nous publions un compte-rendu de nos échanges.

Nouvelle implantation. Emprise du projet : 147 251 m².
Le bâtiment d’exploitation est plus en longueur, un peu plus proche des grues. – Eloignement de 300-400 mètres supplémentaires du bourg du Verdon, premières maisons à environ 900m.
Recul aussi par rapport au littoral et à l’accès du chenal du Conseiller. Tout a été calculé pour résister à une marée haute au coefficient 120 et respecter une bande littorale de 100 mètres.

  • Analyse du bruit. Très vite amorti car il ne dépasse pas la zone naturelle. La sortie du bruit des ventilateurs a été atténuée. Dans le bourg : 20-25 dB maximum la nuit, sachant qu’un humain qui parle est à 70 dB. Une captation de bruit réalisée en juillet 2022
    dans la cour de l’hôtel des Terrasses donnait, la nuit, selon les moments, entre 20-25 à 30-35 dB.
  • Analyse des dangers : pas de changement par rapport au niveau site.
    L’étude de dangerosité a été faite : Inondations, risques sismiques, tempêtes (résistance des bâtiments), étude de la foudre, incendies, explosions.
  • Barrière végétale visuelle ? Boisement en bordure de la parcelle le long de la route de la zone industrielle qui borde le bâtiment. Pas de visuel depuis le port aux huîtres, ni depuis le bourg du Verdon, ni depuis le phare de Vallières. Très faible visuel depuis la route pavée du Verdon, de même que depuis Meschers.

Au sujet de l’eau potable
Une demande pour potabiliser l’eau à usage industriel va être formulée auprès des services de l’Etat.

Besoins : nettoyage des machines, des poissons avec l’éviscération, nettoyage de la cavité abdominale, nettoyage des locaux après le départ des employés…

Le syndicat des eaux préfère que la réserve d’eau potable des réseaux publics soit réservée au pic de consommation touristique : il ne veut pas de stress hydrique pour le territoire en été.
Donc, nécessité pour Pure Salmon d’avoir sa propre eau potable pour usage industriel.
Pure Salmon va aussi demander l’autorisation de rincer la cavité abdominale des saumons à l’eau salée propre ; c’est déjà permis en outre-mer ou sur les chalutiers de haute mer, mais pas à terre pour l’instant.
Le dossier de potabilisation de l’eau doit être monté en même temps que le dossier ICPE.
Utilisation eau du réseau : 15 m3/jour environ (sanitaires, vestiaires des employés, bureaux…).
Le forage
Il s’agit de contrôler que la nappe quaternaire ne correspond pas avec l’éocène et que ce n’est pas une
eau fossile. Cette nappe d’eau salée souterraine se recharge au contact de l’estuaire ; ce n’est pas une nappe phréatique.
Analyses d’échantillons de la nappe de pompage : pas de pesticides ni de cadmium.
Nous avons demandé aussi la recherche sur teneur en PFAS (perturbateurs endocriniens déjà présents dans l’estuaire par la dilution de produits retardateurs de flamme entre autres)

  • Eau saumâtre avec, à terme, 3 qualités obtenues à partir d’une même source de pompage :
  1. 10 % des besoins en eau douce pour la 1 ère année (écloserie)
  2. 80 % des besoins pour l’élevage des poissons de 2 ème année
  3. 10 % pour faire de l’eau potabilisée industrielle
    Au total 3 600 m3 d’eau salée par jour + 1 000 m3 d’eau pour produire 500 m3 d’eau potable.
    Les rejets : avec quels polluants ? Ils sont traités à 90 % sans impact sur le milieu naturel.
  4. azote à 2mg par litre (normes)
  5. phosphore à 10 mg par litre (normes)
    Etude en cours sur le lagunage mais pas intégrée au dossier ICPE.
    Les rejets seront en continu ou selon les marées ?
    Ils seront en continu, 24 heures sur 24, avec un débit lissé (80m3/heure) Le tuyau sera à 6 m de profondeur là où le fond est à 12 m. La côte la plus basse possible étant
    toujours noyée : sortie à 6 mètres, mais on est à 7 m d’eau à marée basse et à 12 m à marée haute.
    Contrôles portant sur le phosphate, l’azote et la température (à la sortie entre 11 et 15°)
    La conduite de rejet (diamètre de 20 cm) a sa sortie à l’extrémité du quai à terminal à conteneurs. L’impact du rejet se ressent jusqu’à env. 300 m maxi du point de rejet (avis de l’ARS) Impossibilité de communication de cette eau avec l’eau qui borde la rive droite de l’estuaire car le courant du milieu de l’estuaire est trop fort.

Besoin de rétention de l’eau de pluie
2 bassins pour un volume de 8 000 m3 + réserve d’eau pour la défense incendie sous le bâtiment.

Il s’agit de récupérer l’eau de pluie et de ruissellement pour réguler son
débit de sortie du site sans créer un afflux qui pourrait inonder et de l’évacuer à petit débit dans le chenal du Conseiller. Bassins vidés en 48 heures après une forte pluie-
Usage en cas d’incendie : récupération des eaux salies, les vannes sont
fermées et l’eau ne sera pas rejetée. Des camions la retireront des bassins.

  • Est-ce que l’eau récupérée sera nettoyée ? oui, il y a des normes.

Il y aura un filtrage pour retenir les hydrocarbures présents sur les parkings, les routes, par exemple, récupération des gravillons.
Pas besoin de cette eau pour arroser les espaces verts. Peu d’eau disponible en été ; pas besoin d’eau douce en hiver. Si l’on veut utiliser de l’eau douce, il est toujours possible d’étudier une réutilisation des eaux douces sorties de l’écloserie. Rien n’est écrit dans le dossier pour ne pas le rendre plus complexe.
Les stations d’épuration : 1 ou 3 ?
3 lignes de traitement dans le même bâtiment :
1) L’eau des bassins de la nurserie (douce) avec azote et phosphore
2) L’eau pour les bassins d’eau salée au contact des saumons
3) L’eau douce de l’abattage, la découpe (souillée par le sang, des écailles, des morceaux de poissons…)
Ces trois eaux seront mélangées avant leur sortie dans l’estuaire.
Idée de réutilisation de l’eau douce (1 000 m3/jour) même si c’est de l’eau industrielle (utilisation possible : balayage de la voirie, entretien des espaces verts, au lieu d’utiliser de l’eau potable, la même que pour la consommation familiale).

Les boues
Production de 5-6 tonnes par jour de produits secs qui représentent 25 tonnes de produits
humides, soit un volume d’une benne agricole. Pas de sortie le samedi et le dimanche.
Par jour travaillé : 2 bennes par jour, 5 jours par semaine, à destination d’Hourtin pour méthanisation
La circulation des camions Prévision de 12 par jour

Evacuation des viscères et déchets vers le Pays basque espagnol = 1

Découpe de poissons vers Boulogne via Royan = 1
30 tonnes de nourriture par jour de Bretagne ou Hauts de France = 2
Equarrissage = 1
Oxygène (livraison en citerne de Toulouse) = 1
Livraison de consommables (soude, traitement de l’eau…) = 1
Transport des boues à Hourtin = 2
Livraison des emballages = 1
Transport de produits finis (passage par Royan) = 2
EPT demande d’envisager le transport de la nourriture par la voie ferrée pour une livraison
tous les 15 jours et de prévoir également les livraisons des consommables et des emballages
par train ou bateau, ce serait plus acceptable que le transport par camion.
Le GPMB étudie avec SNCF Réseau la remise en route de la voie ferrée qui longe la plage de la Chambrette en raison d’un trafic portuaire de véhicules (comme en janvier). En revanche, la reprise d’un ancien projet de voie ferrée longeant la route industrielle n’est pas d’actualité en raison de son coût par rapport à son utilisation.
Quels sont les emballages ?

  • des caisses en polystyrène pour livrer les poissons crus
  • des pochettes en plastique dans des caisses en carton pour le poisson découpé
    en portions.
    Le stockage du poisson se fait entre 0 et + 3°. Pas d’usine de surgélation même s’il y aura une
    machine à glace.
    Questions au sujet de l’élevage
  • en circuit fermé
  • 300 000 œufs par mois venant d’une écloserie d’Islande en avion
  • quel traitement de ces œufs ? Pas de vaccin ou de traitement des œufs
  • en volume, les œufs livrés entrent dans une ou deux glacières
    Densité du poisson
    70 kg/m3 interroge. Cela correspond à 14 poissons adultes d’environ 5 kg.

Demande de l’association : faire une modélisation pour visualiser, dans un bac, l’environnement d’un poisson adulte. 7 % du volume occupé par des poissons ne représentent pas leur disposition dans l’espace de 1 m3.
Les poissons sont sortis tous les 4 mois des bassins selon leur grosseur (passage dans une sorte de trieuse). S’ils sont trop petits, ils sont remis dans le bassin précédent, sachant qu’un individu peut peser à terme entre 4,5 et 5,5 kg.
Les antibiotiques Pas de traitement
La nourriture sans OGM et essentiellement végétale (70 %).
A terme, les produits marins seront à remplacer par des insectes. Remplacer l’huile de poissons par l’huile d’algues. Evolution de la filière sur les 25-30 % de produits marins (farines et huiles de poissons) à remplacer par des insectes et des algues, dès que les produits seront disponibles à des prix raisonnables.
Il sera aussi possible d’utiliser des restes de poissons produits par d’autres élevages (des découpes retraitées en farines)
Engagement pour une agriculture responsable, même si le soja vient d’Amérique du Sud (Brésil) ; pas d’agriculture liée à la déforestation (certification).

L’énergie nécessaire au site

  • Quelle consommation ? 15 MégaW en été et 10 MégaW en hiver ?

Pure Salmon a réévalué sa consommation à 20 MégaW
en pointe en été. La production électrique de la toiture en apportera 8 en journée et 2-3 en hiver.
Besoin d’aller chercher de l’électricité ailleurs, notamment pour la nuit. Sur le réseau : volonté d’acheter de l’électricité verte. La montée en puissance de l’usine se fera sur deux ans ; les besoins seront donc progressifs
avec un raccordement sur le poste de Soulac (liaison en souterrain).

Nous sommes à votre disposition et vous remercions pour l’intérêt que vous portez à notre travail.

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