Crise russe et terminal méthanier au Verdon sur Mer

Publié le: 27 janvier 2009

Catégorie: Economie

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La rupture momentanée d’approvisionnement des pays de l’Union européenne, au début de l’année 2009, justifierait-elle la construction du terminal méthanier au Verdon sur Mer ?

Rappelons d’abord que le gaz est une énergie fossile non renouvelable et que nous avons changé d’époque, pour reprendre les propos du président Obama.

L’UE s’est engagée à réduire de 20% les émissions de gaz à effets de serre, à diversifier ses sources d’énergie pour que les énergies renouvelables constituent 20% du bouquet énergétique, à accroître de 20% son efficacité énergétique, tout cela à l’horizon 2020.

Est ce alors une bonne idée de détruire un estuaire naturel pour accroître encore la dépendance de la France et de l’UE aux énergies fossile ?

Mais même si nous acceptions d’augmenter notre dépendance…

Si nous restons dans le cadre de la France, les arguments ne sont pas vraiment sérieux : le gaz compte pour moins de 15% dans le bilan énergétique du pays et le gaz russe pour 3% (C.A. Paillard. Questions internationales. Avril 2007, cité dans le Monde du 17/1/09).

Plaçons nous alors au niveau européen : le terminal serait-il utile pour l’Espagne ou l’Italie, pays vers lesquels 4Gas souhaite explicitement exporter (document de 4Gas pour le débat public) ?

L’Espagne ne reçoit pas de gaz russe.

Certes, l’Italie est plus dépendante que la France.

Il faut alors regarder les installations et les projets de terminaux méthaniers en Espagne et en Italie : ils sont déjà très nombreux ! (voir le rapport de synthèse du groupe de travail sur la régulation des terminaux méthaniers en France d’avril 2008. PP 12 et 22).

Elargissons encore le cadre d’intervention du terminal méthanier du Verdon qui pourrait répondre aux besoins des pays de l’Est et du Nord de l’UE , très dépendants du gaz russe.

Serait-ce alors une bonne idée de faire venir du gaz par bateau au Verdon sur mer, de le regazéifier et de l’envoyer vers l’Est ou le Nord ?

Les distances à parcourir par gazoduc sont vraiment très importantes.

Le même Claude Mandil qui affirmait, récemment, que le terminal méthanier du Verdon sur mer pourrait assurer la sécurité énergétique, écrivait, dans son rapport d’avril 2008, présenté à F. Fillon à l’occasion de la présidence de l’UE par la France, (p.19) : « Ce qui est préoccupant dans la situation de l’Europe vis-à-vis du gaz russe, ce n’est pas sa part dans l’approvisionnement global de l’Union, qui reste très acceptable, comme on vient de le voir, c’est le fait que les consommateurs européens donnent constamment le signal qu’ils sont affolés à la seule idée qu’ils pourraient manquer de ce précieux gaz. Tels des toxicomanes en manque: ils réclament en permanence un nouveau contrat ou quelques milliards de mètres

cube de plus ».

La vraie question est alors : la meilleure solution, pour assurer la sécurité énergétique de l’UE, est-elle de sacrifier des sites exceptionnels et encore préservés qui, sur les côtes européennes, constituent notre patrimoine commun, en y implantant des terminaux méthaniers ?

2 commentaires pour Crise russe et terminal méthanier au Verdon sur Mer

  1. Soulie dit :

    Est-ce que la réalisation du projet Nabucco, via la Turquie, en provenance de l’est de l’Europe, condamnerait le terminal méthanier du Verdon?

  2. BARRIER Christian dit :

     
                        Effectivement les arguments  deviennent de moins en moins sérieux.
                        Ils ne l’ont d’ailleurs jamais été mais seulement martelés bêtement par des irresponsables qui se sont faits approcher par le lobbying
                        Et répétons le pour la niéme fois : cru pouvoir nous enfumer en voulant nous faire confondre diversité des approvisionnements et multiplication sauvage des points d’acceuil.
                        Créer un terminal au verdon est absolument redondant et interroge gravement sur les raisons de ceux qui osent encore aujourd’hui s’autoriser à sacrifier l’ estuaire et tout ce qu’il représente.
                        Ne savent ils pas PAR EXEMPLE , que vient d’être achevé le gazoduc MEDGAZ prévu pour un premier débit minimum de 8 milliards de m3  par an entre BENI SAF en ALGERIE et ALMERIA en ESPAGNE?
                        De nombreux sites sont à disposition à partir du seul mot clef MEDGAZ.
                       Je vous propose de consulter si vous le voulez , deux d’entre eux :
     
    http://www.econostrum.info/Medgaz-Derniere-soudure-sur-le-gazoduc-le-plus-profond-de-Mediterranee_a500.html – 48k
     
    http://www.medgaz.com/medgaz/doc/presentacion-fr.pdf
                                

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