Le méthane, un important gaz à effet de serre

Publié le: 5 mai 2008

Catégorie: Risques-Environnement

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Le gaz naturel, porté par son image d’énergie propre, et ses importantes réserves mondiales, a actuellement le vent en poupe.

Ainsi, pas moins de 3 projets de terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) sont envisagés aujourd’hui en France [1].

 

Le gaz naturel, composé essentiellement de méthane (CH4), permet-il de lutter efficacement contre l’aggravation de l’effet de serre ?

Pas si sûr.

 

1°) Impact des fuites de méthane

Le méthane, dont le pouvoir réchauffant est environ 23 fois supérieur à celui du CO2, constitue un des principaux gaz à effet de serre [2].

La production et l’utilisation de gaz naturel, contribuent à environ 21% des émissions totales de méthane dans l’atmosphère.

Les fuites dans l’atmosphère lors de son extraction, de son transport, de son traitement et de sa distribution constitueraient 2 % de la production de gaz naturel [3].

En terme d’impact sur l’effet de serre, ces fuites représentent quelques 460 kg CO2eq, par Tonne Equivalent Pétrole (TEP) d’énergie produite.

 

2°) Impact du transport du gaz naturel

Le coût de transport du gaz naturel est environ cinq fois plus élevé que celui du pétrole.

35% de la production d’un puits de gaz naturel est consommé, en moyenne, par les processus de liquéfaction cryogénique et de transport [4].

Une usine de liquéfaction utilise pour son fonctionnement, en moyenne 12% du gaz naturel entrant [5].

Au total, l’énergie consommée pour le transport et la liquéfaction du gaz naturel, génère environ 835 kg de CO2, par TEP d’énergie produite.

 

3°) Impact de la combustion du gaz naturel

La combustion du gaz naturel émet directement 2387 kg de CO2 par TEP d’énergie produite

 

4°) Impact total sur l’effet de serre

Au total, l’utilisation du gaz naturel, contribue à l’émission d’environ 3682 kg de CO2eq par TEP d’énergie produite.

Ce qui situe cette source d’énergie, entre le pétrole (3116 kg de CO2 par TEP) et le charbon (4117 kg de CO2 par TEP), en terme d’impact sur l’effet de serre.

 

Le gaz naturel n’est donc pas une « énergie propre » vis-à-vis de l’effet de serre, contrairement à ce qu’affirment certains slogans publicitaires.

 

D.DELESTRE

Membre de la SEPANSO et du Réseau Action Climat france

 

[1] Il s’agit des projets du Verdon, d’Antifer et de Dunkerque, qui ont fait l’objet de 3 débats publics distincts :

http://www.debatpublic.fr/debats_en_cours/liste_decisions.html

http://www.debatpublic-leverdon.org

[2] Selon le 4ème rapport du GIEC (groupe I) de février 2007, le forçage radiatif dû au méthane représente actuellement environ 29 % de celui du CO2.

[3] http://www.grida.no/climate/ipcc_tar/wg1/134.htm#4211

http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thane

[4] http://www.voltairenet.org/article16575.html

[5] http://jeunes.gazdefrance.com/lycees/templates/pedago3.php4?EG=802

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3 commentaires pour Le méthane, un important gaz à effet de serre

  1. alain Vignaud dit :

    BRAVO pour toutes ces informations qui n’ont jamais été prises en compte par les différents rapports du commisaire de l’enquete publique. Attention ne nous trompons pas de combat , à ce jour il n’y a que les responsables politiques pour arreter ce projet et je crois qu’il faut les remobiliser très fortement et les mettre devant leurs responsabilités. Notre mobilisation doit rester importante mais surtout envers les politiques.

  2. Eric Poder dit :

    Et son prix grimpe régulièrement de5% presque tous les mois! Le gaz n’est ni une énergie durable;ni une énergie nouvelle entre vous et le vendeur loin de là ! C’est de l’arnaque pour les propriétaires de chaudières. Privilégiez des systèmes modernes , moins chers, moins polluants, moins dangereux,plus efficaces!Bref!  le gaz est un produit dépassé…

  3. guy vautrin dit :

    Je suis arrivé à des conclusions semblables par le site de l’ADEME. S’il n’y avait aucune fuite le GNL pour une même consommation d’énergie, représenterait -18% de rejet carbone par rapport au FOD. Chaque 1% de fuite augmente de 10% le bilan du rejet GNL. Donc à 2% de fuites on est à égalité GNL/FOD. Comme ces fuites ne sont absolument pas comptabilisées on peut s’attendre à tout, surtout dans certains pays producteurs…

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