Contribution d’une adhérente : Coup de gueule

Publié le: 11 novembre 2007

Catégorie: Contributions adhérents

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Il est minuit. J’arrive de la réunion de la CPDP de Royan. J’ai constaté……en sortant j’avais honte. Le chapiteau était comble (+ de 2000 personnes). La foule était motivée mais respectueuse. Elle s’est cependant manifestée….souvent… simplement en scandant régulièrement «on n’en veut pas». Nous étions 80 médocains seulement à nous être déplacés. Au vu de ce qui risque de nous arriver, en lisant les études préliminaires de 4gas, je ne comprends pas. 

Ce qui nous attend. Voici quelques exemples donnés par 4gas en personne sur ses études préliminaires. 

·                     des accidents dus à des erreurs humaines, à des pannes mécaniques, à des ruptures de matériel, à des fuites, à une explosion à l’intérieur de la torche, à des incidents maritimes, à des hausses de pression dans le terminal GNL, à des transferts de cargaison, des fuites, à des ruptures de canalisations, aux conditions météorologiques, à la collision avec une structure fixe…..etc, on constate des morts, des blessés, des risques d’incendie, des feux de nappe de GNL libéré, des jets enflammés de gaz naturel libéré, des inflammations de nuages de gaz naturel, tout ceci dans les études préliminaires de 4gas. Ce ne sont que quelques exemples qui prouvent bien que le danger est là, permanent, sournois. 

·                     des niveaux de bruit, jour et nuit, qui, soit disant, «n’excèderont pas 70 décibels à chaque coup de battage». Sachant que 70 décibels correspondent, en gros, au son maximum d’un téléviseur et sont classés dans la catégorie des bruits nocifs. Soyez curieux, mettez le son de votre télévision à fond et voyez combien de temps vous pourrez supporter. Comment peut-on croire que le bruit de fondations par pieux (43 dB) ajouté au bruit de l’excavation pour une cuve (37dB) ne correspond, en gros, qu’au bruit d’une machine à laver (50dB) ? Au Verdon/Mer, si nous n’avons pas la mémoire courte, nous avons encore dans les oreilles le bruit fort, régulier et lancinant de la plantation des pieux lors de la construction de l’appontement au port. Rappelons-nous que les travaux de nuit ont dû être arrêtés parce que les habitants ne pouvaient plus dormir et n’étaient pas loin, pour certains, de «péter un plomb». Il ne s’agissait que de la plantation de pieux….imaginez la plantation de pieux pour une cuve pesant des tonnes + l’excavation pour une autre cuve + les autres bruits qui s’ajoutent par exemple le trafic des camions pour ces travaux !!! Nous allons tous devenir fous. Dans le dossier des études préliminaires, on nous affirme : «Le niveau de bruit généré par les travaux sur le terminal au niveau des habitations du Verdon/Mer n’excédera pas 44 décibels. Les niveaux de bruit calculés sont similaires aux niveaux de bruit actuels». C’est une mauvaise plaisanterie !!! Qu’importe le nombre de décibels, la réalité ne pourra être qu’invivable, pour les adultes, mais surtout pour les enfants et les personnes âgées. Croyez-vous que les 90 enfants de l’école qui serait toute proche du site si par malheur il se faisait, pourraient se concentrer sur leur travail ??? Je sais par expérience que ce ne serait pas possible et que ce serait insupportable. Il est prouvé scientifiquement qu’au dessus de 55 décibels, on peut enregistrer des troubles psychiatriques. Au dessus de 60 décibels on peut enregistrer des troubles du sommeil et des troubles cardiaques. On nous annonce également «le périmètre de l’étude de l’impact acoustique du trafic induit par le projet (représenté par une carte) pendant la phase de construction, se répercuterait jusqu’à la sortie de Lesparre. Je l’ai déjà dit mais je le répète : on nous prend pour des demeurés, ce qui n’est certes pas le cas…à nous de le prouver. 

·                     des eaux rejetées à 7 degrés en dessous de la température ambiante, eaux chlorées qui seraient forcément fatales à certaines espèces de flore et de faune aquatique. 

·                     des milliers de litres d’eau, pompés très certainement dans la nappe alimentant le village…peut-on accepter cela ? 

·                     une faune et une flore terrestre fortement perturbées donc aboutissant, pour certains cas, à leur disparition pure et simple. Il s’agit de notre environnement !!! Que va devenir notre plage de la Chambrette, outil touristique essentiel pour la promotion de notre station. 

·                     un paysage hideux envahi par des industries classées SEVESO seuil haut. La porte sera ouverte pour accueillir d’autres industries du même style et nous ne pourrons plus la refermer. 

·                     un air rempli de monoxyde de carbone, de dioxyde d’azote, de particules de PM10, de dioxyde de souffre, mettant en danger notre santé, celle de nos enfants et de nos anciens. 

Je pourrais continuer ces listes fournies dans les études de 4gas qui minimise ces conséquences néfastes, mais je ne le ferai pas. Je vais simplement poser les questions qui me semblent essentielles :

Médocains, où êtes-vous ? Qu’attendez-vous pour réagir ? Allez-vous laisser détruire notre territoire sans lever le petit doigt ? Allez-vous laisser mettre notre santé et notre équilibre en danger ? Il n’y a pas de fatalité, il n’y a que des volontés.

Mesdames et messieurs les élus n’avez-vous pas encore compris que ce projet est un miroir aux alouettes ? Tout cela pour enrichir des investisseurs américains… et remplir les caisses du PAB,c’est bien triste pour nous et pour vous !!!

Messieurs les décideurs de Bordeaux, vous qui êtes à 100 kilomètres, venez donc nous rencontrer pour savoir ce que nous vivons. Nous vous attendons. Venez sur le terrain au contact de la population aujourd’hui divisée, fâchée, complètement perturbée par l’annonce de ce projet. Venez visiter nos espaces naturels, je me propose de vous servir de guide. Alors seulement, après avoir vu tous les côtés des choses, pesez bien le pour et le contre car si vous laissez faire, il se pourrait qu’un jour vous ne puissiez plus vous regarder dans un miroir. Consultez vos consciences. Nous sommes des êtres humains respectables, des animaux à protéger avec un peu plus de respect que les crapauds pélobates ou les chauve-souris.

Médocains réagissez avant qu’il ne soit trop tard.
Nicole Badot (Le Verdon/Mer)

 

8 commentaires pour Contribution d’une adhérente : Coup de gueule

  1. ano dit :

    Tout a fais d’accord

  2. Un Verdonnais dit :

    Bonjour,J’étais présent à la réunion de Soulac et je trouve l’attitude des dockers vraiment provocatrice. Ils ont empêché le débat d’avoir lieu.Pour l’essentiel d’entre eux, ils ne sont même pas du Médoc. Ils sont entièremet à la solde du PAB.Continuons à nous mobiliser contre ce projet dévastateur.

  3. dufrenois dit :

    très bien, les médocains ne se mobilisent pas assez……….mais le gouvernement? ne pensez-vous pas que ce projet dépassent largement les limites des départements? ne pensez-vous pas que le grenelle de l’environnement a été constitué pour lutter contre ce genre de projet?Le gouvernement Sarkozy s’est engagé à préserver une douzaine de sites marins dont 6 ont déjà été retenus, n’est-ce pas le moment de proposer l’estuaire de la Gironde et de demander une intervention musclé du gouvernement et de rappeler à Nicolas Hulot  sa lutte contre  la pollution en tous genre et la préservation de la nature?Pour ma part j’ai écrit à l’Elysée, j’ai écrit à la fondation Nicolas Hulot, c’est bien de se déplacer, mais je pense que toutes les actions sont valables, surtout en haut lieu parceque je pense que les réclamations doivent monter plus haut.Les médocains ne sont pas très nombreux vous savez, pour lutter contre un tel projet ça ne suffit pas, et vouloir sensibiliser les gagants du port autonome ou les élus de Bordeaux c’est envisager qu’ils pourraient renoncer à des milliards de dollars, ça me parait un peu naïf. Où sont Noël Mammère et  Dominique Voynet? par exemple?

  4. Alice dit :

    Nous devons mobiliser à TOUS les niveaux (local, départemental, régional, et national).Mais n’oublions pas que nos élus ne bougeront eux-mêmes que si leur base bouge…C’est parce que nous sommes aujourd’hui des milliers que les élus se sentent pousser des ailes. Sans un soutien populaire massif (et donc un soutien d’abord des populations locales) aucune prise de position ne se ferait au niveau national.Vous n’avez qu’à voir l’intervention de Nicolas Hulot qui dit bien qu’il prend la parole car il constate le mécontentement d’une part importante des populations locales.Il ne faut donc pas faiblir au niveau du mouvement local. Nous devons maintenir la pression. Notamment en étant encore plus nombreux lors de la manifestation du 24 novembre à Bordeaux.

  5. Vauxois concerné dit :

    Bien dit !   Toutefois, un petit bémol, si vous le permettez : tout chantier, qu’il soit pour des logements de tourisme ou pour des constructions industrielles génère beaucoup de nuisances, surtout bruyantes, mais guère plus l’un que l’autre ; le bélier qui enfonce les pieux ne devrait pas faire plus de bruit pour la construction d’une cuve que pour un appontement ou les fondations d’un immeuble de loisirs ; c’est déjà bien assez il est vrai ! mais ne nous trompons pas d’échelle, pour ne pas paraître petits dans nos arguments. Par ce que la vrai nuisance, le seuil qu’il ne faut pas franchir, le petit doigt dans l’engrenage qui nous détruira, c’est l’autorisation d’implantation d’une seule industrie classée Seveso … après, toutes les autres, les plus polluantes, les plus puantes, les plus laides auront beau jeu de s’implanter à leur tour …  ce sera trop tard, le mal sera fait, la pointe du Médoc sera devenu un no man’s land industriel …En face de l’énormité de ce viol d’un des derniers Espace Naturel, il n’y a même pas lieu d’étudier les éventualités morbides générées par le projet 4gas … Il ne doit pas exister !!!   Qui a autorisé la société 4gas à lancer un projet induisant une Enquête Publique … il y a forcément  des Personnalités Publiques qui y sont favorables … voyez ceux qui ne réagissent pas, par exemple !Enfin, il faut que Bordeaux se fasse une raison : 100 km de chenal vaseux, c’est la fin d’un port de terre devenu inaccessible aux unités navales modernes … et le cabotage c’est aussi du passé ; il faut vivre avec son temps, le classement au Patrimoine de l’Humanité de la Ville doit induire la promotion du tourisme et non la destruction du Patrimoine Naturel de ses voisins !Qu’en pensent-ils, au fait, les Bordelais ? (à part les dockers, bien sûr) … ça ne les gêne pas que le PAB ait envie de pourrir l’entrée de l’Estuaire ? pourtant le port du Verdon est garni de magnifiques voiliers et autres vedettes, signes que ce coin de nature est plaisant à vivre et qu’ils ne s’y sont pas trompés … que diraient-ils d’un projet aussi farfelu à Leur Plage … d’Arcachon !!!  Un Vauxois concerné.

  6. Thomas N dit :

    Tout à fait d’accord, une première industrie SEVESO serait la porte ouverte qui ne pourra plus être refermée à l’implantation de tout ce qui se fait de plus polluant dans l’industrie, chimie, engrais etc…Les bordelais, j’aimerais bien aussi savoir ce qu’ils pensent, et surtout l’un d’entre eux, qui semble bien avoir laissé sa fibre écologique au Quebec et dans le bureau de Borloo … Ie silence de Juppé est proprement assourdissant !Il me semble pourtant qu’en tant que maire de Bordeaux, il est membre du conseil  d’administration du PAB… on est en droit d’en conclure qu’il adhère tacitement au slogan  » Bordeaux à l’UNESCO,… Seveso pour le Verdon « 

  7. wibil dit :

    bien dit Thomas et Vauxois!le maire de Bordeaux doit se faire une randonnée à vélo du côté d’Arcachon pour ne pas voir, ne pas entendre…Quant à nous, il est bien certain que si nous mettons le petit doigt dans cet engrenage, nous serons broyés définitivement.Je ne m’explique pas qu’il puisse y avoir des gens pour douter de cette évidence effroyable!(en dehors, bien sûr, des investisseurs qui auront les moyens d’aller amarrer leur yachts ou voiliers ailleurs)

  8. dufrenois dit :

    et si on passait de la critique à des projets écologiques qui pourraient être confrontés au projet du port.Ne pourrait-on proposer des projets innovants à la pointe de l’écologie, ce qui écarterait définitivement tous les projets ringards et dépassés dont personne ne veut plus. Il me semble que la meilleure façon de se défendre serait de proposer que le Medoc s’inscrive dans une directive de développement du futur et non du passé, toujours à la traîne.Et pourquoi ne pas sensibiliser les investisseurs à la défense de l’environnement. A court terme c’est peut-être moins attrayant, mais à long terme ce serait un pari gagné.Et pourquoi ne pas inviter ces investisseurs lointains à découvrir les beautés de la nature en Medoc et les vins du Medoc etc……….les plages de sable fin où l’on ne s’entasse pas encore.Il y aurait peut-être une autre manière d’attaquer le problème, mais n’est-ce pas un peu tard??

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