Point de vue : « Navigation et transports maritimes »

Publié le: 21 septembre 2007

Catégorie: Risques-Environnement

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estuaire-jcroucayrol.jpgUn adhérent du collectif, Jean-CLément Roucayrol, nous livre sa réflexion et son analyse sur la navigation des méthaniers dans l’Estuaire.

Le collectif publie ce point de vue afin d’alimenter la réflexion de l’ensemble des membres du collectif ainsi que de ceux qui, tout simplement cherchent à comprendre et à se faire une opinion.

« Les navires méthaniers sont des navires d’environ 200 à 216 mètres de long avec un tirant d’eau de l’ordre de 11 à 12 mètres, d’une capacité de transport de 150.000 m 3 de GNL , il y a en construction des méthaniers de près de 250.000 m3 de GNL en chantier en Corée.
Dans les règlements maritimes portuaires concernant les navires à quai de ce genre on doit observer une distance de 200 mètres minimum à l’abord de ces navires en opération, cela est valable pour toutes embarcations, bateaux de plaisance ou tout autre.
Moments dangereux dans l’évolution des navires
Circulation dans le chenal d’accès bouées 8.9.13, la hauteur de la Coubre, le banc de Terre-Nègre, le chenal est situé près de Royan plage , Meschers, St Georges de Didone , situées en Saintonge.
Ce chenal doit avoir en permanence une profondeur de l’ordre de 15 mètres au minimum, car la houle rentrante est sensible à ces endroits et sur un bâtiment calant 11 mètres cela ne fait qu’un pied de pilote de 3 à 4 mètres (le pied de pilote  est la distance entre le haut du chenal et la quille du bateau) .
À ces passages , les remorqueurs du port auraient de grandes difficultés pour porter assistance au méthanier rentrant, peu de place pour manœuvrer et difficultés pour passer les aussières de remorquage à bord du navire, il faut également intégrer la direction et la force du vent sur une coque de plus de 200 m , en tenant compte du tirant d‘air du navire et ses difficultés pour manœuvrer, il ne peut manœuvrer qu‘avec une vitesse de 4 à 6 nœuds environ . Il faut savoir également qu‘un bâtiment de cet ordre a besoin d‘au moins 4 fois sa longueur, à partir du moment où l‘appareil moteur est stoppé, le navire cours sur son erre et ne pourra battre en arrière qu‘après ce trajet car autrement le démarrage en arrière de l‘appareil moteur ne serait pas possible car cela détériorerait le ou, les dispositifs permettant de passer en marche arrière, ainsi que l’appareil à gouverner .
Le navire va se présenter suivant le courant , la marée et le vent dominant , à peu près à la hauteur de Port-Médoc aidé par les remorqueurs qui auront établi les câbles ou aussières de remorquage, l‘ensemble sera encore dans le chenal de navigation , ce qui nécessitera forcément , l‘interruption du trafic sur la Gironde , puis se dirigera vers l‘appontement guidé et freiné par les remorqueurs , manœuvre délicate que celle d’accoster et d ‘amarrer le navire  au môle d’escale existant et transformé, adapté ,  et sur lequel seraient installés les bras et flexibles servant au dépotage de la cargaison. Sur un navire méthanier les opérations de branchement et de déconnexion des tuyaux sont toujours des moments très dangereux , ces opérations ne peuvent être effectuées que par du personnel qualifié et entraîné à ces manipulations .  

                                                                                 I
Toutes ces manœuvres doivent s’effectuer dans une zone draguée en permanence , car si la fréquence de venue des navires méthaniers est prévue de deux bateaux par semaine , le temps d’entretien du chenal devra être presque continu selon les marées et les coefficients.
Le temps estimé pour un accostage suivant vent, courant coef de marée , sera certainement de l’ordre de quatre heures, amarrage et branchement inclus.
Il faut savoir que quand on commence l’opération de dépotage de la cargaison, il n’est pas possible d’ interrompre celle-ci, d’où danger si la houle monte ou si le vent forcit, tous paramètres qu’il faut intégrer en hiver, au Verdon, ainsi que le changement de marée.
Le déchargement s’effectue à l’aide de pompes immergées dans les cales du navire, d’où un bruit important de l’ordre de 70 à 90 décibels et cela pendant 6 à 8 ou 9 heures suivant l’importance de la cargaison. Dégagement de poussières polluantes , à Saint Brévin sur la Loire , station balnéaire fréquentée par nombre de nantais et située en face du terminal de Montoir de Bretagne à environ 10 Km sur l’autre rive  , il y a une consigne très stricte donnée à tous les habitants de la commune, si un incident se produit sur le terminal méthanier, une sirène signale le fait et tous les habitants doivent se confiner chez eux, fermer portes et fenêtres et disposer des serpillières au bas des portes dans les maisons et cela jusqu’à la fin de l’alerte.
Les flexibles ou bras de déchargement sont raccordés sur le navire à une sorte de rampe munie de brides et de vannes, du côté flexibles il est installé des systèmes permettant à distance de couper les flexibles tout en rendant étanche l’installation dans son ensemble, ce système télécommandé permettant en cas de clash du à la houle ou à tout autre phénomène de déconnecter très rapidement évitant fuites et mise à l’air libre de méthane liquide .
À la mer les navires méthaniers sont à présent équipés de dispositifs permettant de recueillir les gaz provenant de la cargaison et de les diriger vers l’appareil moteur que ce soit des diesels ou des turbines , par contre si le navire chargé est immobilisé sur rade en attente de déchargement , ces gaz sont libérés dans l’atmosphère , polluant gravement , gaz à effet de serre, comme cela s’est produit il y a quelques mois devant Fos , à la suite d’une grève des dockers de Marseille.
Le gaz qui se dégage des cuves du navire, n’est pas recyclable sur celui-ci, car il n’y a pas d’installations cryogéniques , permettant de re liquéfier  celui-ci et de le ramener à – 162 ° .
Départ du navire après opérations de déchargement
Mêmes opérations que pour l’accostage avec précautions pour effectuer l’évitage du navire, conduite de celui-ci dans le chenal de navigation, largage des remorqueurs, et route libre dans le chenal avec dangers d’échouement suivant conditions météo et vent dominant.

                                                                            II
Risques renouvelés entraînant l’arrêt de la navigation sur le chenal, risques d’échouement, pollution par fuites de gaz rémanent et surtout risques de fuites des soutes de fuel ou gas-oil combustible servant à la propulsion et à la marche de groupes électrogènes  , ou de turbines production d’énergie électrique .
Pollution des plages, de l’atmosphère et du fleuve.

Jean-Clément Roucayrol
Le 6 Septembre 2007  »

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7 commentaires pour Point de vue : « Navigation et transports maritimes »

  1. Jean-Didier Millet dit :

    Bravo et merci pour ce remarquable exposé très bien documenté, argumenté et compréhensible. C’est très édifiant, on se demande comment 4gaz et surtout, plus que tout, le PAB peuvent supporter ce projet!Comptez vous porter cet avis à la CPDP et aux autorités locales et nationales?

  2. Thomas Nicole dit :

    BonjourEdifiant en effet. Je pense qu’il faudra distribuer des combinaisons en amiante sur les plages de tous l’Estuaire à ce rythme là.Le site de la CNDP m’inquiète car on n’y trouve toujours que les papiers de 4GAS et pas un mot des opposants !Il faudrait que l’association rassemble des documents et les oblige à les mettre en ligne.

  3. sophie schmitt dit :

    Merci pour cette contribution édifiante et qui fait froid dans le dos. Royan ou St Brévin, il faudra donc prévoir des stocks de serpillières en cas de fuite de gaz. Tiens, un titre accrocheur : ‘Il y a du gaz dans l’eau ». Et pourtant on a pas envie de rire devant cette volonté délibérée de faire du développement non durable, de mettre en danger la santé des populations, pour quelle énergie ?

  4. John dit :

         Ces navires navigueront certainement sous pavillon de complaisance, ce qui veut dire certes état-major qualifié, mais le reste de l’équipage sera de toutes nationalités très peu qualifié pour la conduite très spéciale de ces navires  En cas d’avaries diverses lors de la navigation dans le chenal  ( Rappel : situé à moins de 300 mètres de la côte , qui longe à son début le banc de la Mauvaise de sinistre réputation  ) d’accès à l ‘estuaire , le navire ( avarie de barre , de moteurs de propulsion )  pourrait aller  à la côte d’où impossibilité , de réfrigérer les cuves méthaniéres , de faire fonctionner les groupes électrogènes qui ne pourront plus être refroidis , donc plus d’énergie à bord d’où, paralysie totale du navire Je n’ose évoquer la suite ……..                   John                            le 24 septembre2007

  5. Guy dit :

    Que fait Mr Bussereau?, ces réunions sont réalisées mais l’issu est entre les mains de Mr Bussereau ou peut-etre le président Sarkozy?Le Grenelle de l’environement une farce…Petit rappel historique pour certains écervellés du Verdon les partisans à ce projet. »La direction de Brown Brothers & Harriman. Le deuxième à partir de la gauche est Prescott Bush, grand-père de George W. Bush. La firme travaille avec le géant de l’acier allemand Fritz Thyssen, pour porter Hitler au pouvoir. L’argent des crimes nazis atterrit aux USA et George Bush père s’en servira plus tard pour se lancer dans le secteur pétrolier »Encore je passe les détails financiers,   la Hollande encore une fois comme plateforme financiére.Article tiré du web sur Origine fortune des Bush, la corruption gangraine L’état ; pour un seul but , l’enrichissement personnel!! un point c’est tout! le port de Savannah au USA a décidé il y à une 15 d’année de ce tourner vers le tourisme , les recettes sont passées de 5 millions de dollars en 1994  à 1.7 milliards de dollars de recette ,mais c’est vrai les politiques du Médoc sont vraiment médiocres ,ils s’occupent juste de se remplir leurs poches avec les mandats , les vrais projets ils ne les ont pas traité sérieusement,  une région cela se gére à 20 ans minimun et pour un ensemble.Et  dans le Monde actuel , une région ne vit pas repliée sur elle-même .Là, les politiques faut pas qu’ils prennent les gens « ordinaires » pour des cons! Faire semblant de s’opposer en laissant s’installer et préparer le dossier alors que celui-ci  peut être balayer d’un « revers de main  » par Mr Bussereau, il y à t’il une affaire D’état , car vous allez apprendre qu’au remaniment ministériel, » qui devra quitter le gouvernement « en autres…. je vous laisse deviner. Et que dire de la chappe de plomb au niveau média nationaux, il n’y a pas qu’en Birmanie qu’on « ligotte » les Médias.

  6. barrier dit :

     GRAND MERCI à monsieur Jean clément ROUCAYROL pour son éclairage compétant sur les risques maritimes. J’avais jutement reproché aux politiques de ne pas avancer suffisament cet aspect, ne connaissant pour ma part que les dangers au niveau de la plaisance ( 2 sauvetages personnels à mon actif) mais imaginant ce qu’il vient de confirmer (beaucoup de pratique à l’entrée de l’estuaire).   Je joins ici, en contribution,le commentaire parlant de ce risque à propos d’une réponse à madame la MINISTRE chargée de l’environnement :        Certains aspects de la réponse de madame Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET secrétaire d’état chargée de l’environnement à la question de monsieur le député Didier QUENTIN m’inquiètent…             En effet, pourquoi avoir avancé des vertus ,par exemple entre autres,celle garantissant la continuité de l ’approvisionnement face à des risques liés à de possibles instabilités politiques? Car…             Cela n’est en aucun cas lié au choix du site du Verdon ! C’est l’évidence même.             Restons vigilants et cohérents, surtout quand il s’agit d’empêcher le massacre de l’Estuaire ainsi que des conséquences désastreuses pour la vocation touristique et les autres points forts de l’économie de toutes les régions voisines !              Il est trop ‘’ facile’’ pour les investisseurs privés de vouloir utiliser un site qui leur occasionnera avant tout les moindres frais. Qu’ils songent à investir dans d’autres lieux moins fragiles!              La protection de l’environnement a un coût qui doit d’abord être assumé par ceux qui lui font courir un risque ,voire même en détruisent déjà délibérément,à priori, une partie dans le cas présent.             Soucieux de la sécurité de l’environnement, il m’apparaît inconcevable de constater le grand intérêt écologique d’un lieu et envisager dans le même temps l’ idée même d’ un tel projet à l’entrée de l’Estuaire de la Gironde lorsque l’on connaît bien ce dernier. Et cela d’autant que les risques de catastrophe maritime ne sont même pas évoqués ! Sachons tirer les leçons du passé : qui peut oser prétendre à des précautions suffisantes ?   

  7. Garoufalakis dit :

    Monsieur ,
    j’ai lu dans le Figaro de ce week-end dimanche 18 janvier ,un article sur la pollution causée par le trafic Maritime .La venue deux fois par semaine de méthaniers de 200000 m3 (tout en sachant qu’ils n’arrêtent jamais leurs chaudières à quai) ;va accroître directement cette pollution sur nos côtes sous le vent .exposant la populations résidante vieillissante à l’année plus sensible et les populations d’estivants à des quantités accrues de particules potentiellement cancérigènes.
    Du grain à moudre pour la réunion du 24 à Bordeaux. Bon courage

    ci-joint l’article

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