Le projet Pegas en perspectives

Publié le: 24 mars 2007

Catégorie: Infos générales

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La société 4Gas, en la personne de son représentant Heink Jorkman a dévoilé son projet d’implantation du terminal méthanier à la pointe du Médoc, baptisé Pegas lors d’une réunion d’information, organisée par elle-même dans la commune du Verdon le mardi 27 février 2007.

Le collectif revient sur certains points de la présentation et ouvre le débat car les informations sont restées, à tout le moins, partielles et partiales… Lors de cette réunion, le collectif a également remis une série de questions à M. Jorkman qui s’est engagé à apporter des réponses qui, dès qu’elles nous parviendront, seront rendues publiques.

4Gas construit des terminaux pour des opérateurs extérieurs, louant les espaces portuaires et regazéifiant le gaz liquide pour le vendre, à la demande, à des distributeurs.

L’implantation au Verdon, prévue depuis quelques années est destinée à couvrir le marché du sud-ouest ainsi que celui de l’Espagne.

Dès lors que ce projet date de plusieurs années, pourquoi les élus locaux et semble-t-il les élus régionaux, ainsi que la population n’ont été informés qu’au mois d’août 2006 ?

4Gas informe que l’étude de danger qu’il a conduite devrait être soumise à la Drire – Direction régionale de l’Industrie de la Recherche et de l’Environnement – et à la Diren – Direction régionale de l’environnement – en avril 2007 pour un début des travaux en 2008.

Que d’empressement ! S’agissant d’un projet Seveso 2, seuil haut, situé à proximité immédiate de zones habitées, la population doit être associée à la prise de décision. Comment en une année, les études d’impact ainsi que la participation citoyenne pourront être organisées ? Comment ? Sachant également que la construction d’un gazoduc, indispensable à l’acheminement du gaz à travers l’Aquitaine impliquera obligatoirement aussi une phase d’enquête publique.
La réglementation en la matière sera-t-elle bafouée ou les élus et l’Etat veilleront-ils à ce qu’elle soit respectée ?

Bien sûr, selon 4Gas, une telle implantation ne génèrera aucune nuisance… et n’aura pas d’impact négatif sur l’environnement….. En outre, affirme 4Gas, le GNL n’est absolument pas dangereux…. Il est par ailleurs incolore et inodore….. Enfin, contrairement à une idée reçue, il ne peut exploser et n’est pas inflammable sauf s’il est au contact de l’air (!) mais, nous rassure M. Jorkman cela «ne peut jamais arriver»…

Si la littérature est nombreuse concernant les normes de sécurité de telles implantations, on ne peut affirmer que le risque zéro n’existe pas. Comment expliquerait-on sinon les accidents répertoriés comme celui survenu en Algérie en 2004 qui a fait 27 morts ou celui survenu en Belgique en juillet 2004 qui a fait 18 morts et 133 blessés.

Maquette réalisée par la société 4Gas4Gas prévoit de construire au Verdon :

- 5 réservoirs de 165 000 m3 chacun
- 3 d’abord puis deux ensuite en fonction de l’évolution du marché.
- des cuves de béton armé d’1m d’épaisseur, 47 m de hauteur et 80 m de diamètre
- une usine de regazéification du GNL : le gaz sera réchauffé sur place pour être envoyé dans les gazoducs
- une usine de co-génération gaz pour fournir l’électricité nécessaire à l’activité industrielle
- une torchère de sécurité dont la vocation est de «ne jamais fonctionner»
- un gazoduc pour la distribution du gaz.

Maquette présentée par 4Gas lors de la réunion publique du 27 février

Et tout ça à moins de 500 m des premières habitations, 800 m de notre école…Enormes installations ! Et encore on ne nous dit pas tout : le PAB a d’ores et déjà signé un autre accord d’implantation avec la société franco-espagnole Endesa-Snet, pour un projet de même envergure !…Ce projet est-il prévu en complément de celui de 4Gas ou en concurrence ? A quel saint doit-on se vouer ? Sachant qu’au Pays de Galle où la société 4Gas a construit un terminal, le projet initial était d’implanter 5 réservoirs et qu’aujourd’hui, ce sont 10 réservoirs qui sont construits.

Constructions de 4Gas à Milford Haven au Pays de Galle.

L’implantation n’aura pas d’incidence sur l’environnement selon 4Gas et de toute façon, des aménagements seront prévus pour limiter voire supprimer l’impact sur la faune terrestre et aquatique. Il n’y aura pas de nuisance sonore et les nuisances sur le trafic routier seront limitées pendant la phase de construction.

Pas d’incidence ? Comment M. Jorkman peut-il affirmer cela alors que les études d’impact ne sont même pas achevées; quelle précipitation décidément! …Comment peut-il préjuger des expertises indépendantes qui seront exigées n’en doutons pas par les services instructeurs de l’Etat ?

Ultimes arguments de 4Gas et du PAB : les bénéfices socio-économiques dont la commune du Verdon et ses habitants pourront se prévaloir avec : l’embauche de 600 à 650 personnes pour la construction pendant 3 ans et des retombées locales en besoins de nuitées et de restauration ; l’emploi de 60/70 personnes en phase opérationnelle avec du personnel d’encadrement, des opérateurs spécialisés («je ne sais pas s’il y a des gens qui ont fait des études au Verdon», dixit Jorkman…) et des contrôleurs de sécurité ; «l’élargissement de l’attrait touristique» avec des visites du terminal méthanier.

Les catégories d’emploi présentées ne laissent pas entrevoir beaucoup d’embauches si l’on tient compte du bassin local de compétences. Ce dont M. Jorkman semble convaincu lui-même si l’on se réfère à sa remarque d’un réalisme… cynique ? méprisant ? Dans l’absolu, la plupart des études et expériences d’implantations similaires tendent à montrer que les pertes d’emplois sont supérieures aux créations. Durant la phase de travaux, les exemples sont nombreux aussi pour montrer qu’il est souvent fait appel à une main d’oeuvre européenne moins coûteuse qu’en France.

Par ailleurs, comme l’a souligné le directeur du PAB, Ph Deiss, disant comprendre les inquiétudes de la population parce qu’il s’agit de «passer du tourisme à l’industriel», ces deux types d’activités ne sont pas compatibles.

Quel serait alors l’avenir d’une région qui se retrouverait dépendante d’une seule activité économique qui ne s’inscrit pas de fait dans la durée et qui répond à une envolée d’un marché qui bénéficie d’abord et avant tout aux promoteurs industriels et financiers ?

Les points d’inquiétudes, les zones d’ombre et les interrogations demeurent encore nombreuses et n’ont pas pu être tous abordés ici, le collectif reviendra sur les points évoqués dans d’autres articles.

Un commentaire pour Le projet Pegas en perspectives

  1. titou dit :

    je souhaiterai que les tracts soient signés par ceux qui les écrivent Ils sont anonymes et je suis septique sur tout ce qui est dit.

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